02 décembre 2008 – De la neige de Ljubljana au soleil de Belgrade

Tout dabord, un milliard de mercis pour tous vos messages. Vous nimaginez pas l’énergie quils me donnent chaque jour pour pédaler…sur mon vélo, je pense tellement souvent à vous ! Je ne me suis jamais senti seul, vous êtes toujours là quelque part avec moi…

Je vous avais laissés comme ceci…

Je vous retrouve comme cela…

Me voilà donc à Ljubljana, capitale de la Slovénie, après une soirée passée chez Léon à Crni Vrh (prononcez comme vous voudrez), et après la traversée de quelques routes qui m’en ont mis plein la vue.

Jarrive dans la matinée, par ce premier jour de neige de la saison ici. Et il ne neige pas quun peu. Plein centre, je marrête, mon plan daction est daller me réchauffer dans un café avant daller faire un tour dans la ville. Et voilà que passe Susanna. « Hi…do you need some help ? » (A ce moment, javais peut-être lair un peu désorienté.?…) « Im a German student, if you want tonight, theres an Erasmus party in that pub… »

Je passe la journée à sillonner le petit centre de cette petite capitale surplombée par un château, puis, quelque peu frigorifié, vais minstaller dans ledit pub histoire de me réchauffer de nouveau.

Petite parenthèse sur les bars…

Le bar du matin est un grand plaisir, souvent je vais y prendre un café avant de partir, et cest un moment bien plaisant.

Le bar du soir, quant à lui, est une composante de premier ordre dans mon voyage. Jy passe autant de temps, peut-être même plus, que sur mon vélo. Cest que je vais, la nuit tombée, quand jarrive dans les villes ou villages où je ne connais personne. Jy trouve tout dabord un peu de chaleur, avec quatre murs et un bon chocolat chaud. Dailleurs, ici, les chocolats chauds ne sont pas comme en France, ils ne sont pas liquides mais crémeux, et jy prends vite goût! , jai le temps de lire, un livre, un journal, ou simplement de rester dans les vapes après une longue étape, et aussi décrire. Et puis vient ensuite la question de la nuit.

Alors je vais discuter avec des gens, souvent intrigués, et je leur explique mon projet, et ils ont toujours plein de questions. Le vélo est un super moyen de nouer des contacts ! Et cest donc comme cela que je trouve le plus souvent mes « sauveurs ».

<!–[if !supportEmptyParas]–> <!–[endif]–>

Revenons à Ljubljana, je suis toujours au bar, qui vers 23h, commence à se remplir détudiantsme voilà parti pour une bonne soirée Erasmus!

Cette nuit, je dors chez Erik.

Lendemain matin un peu difficile, mais il faut repartir…sous la neige again. Etape vallonnée, mais les paysages slovènes sont toujours somptueux. Cette étape me mène à Kocevje, et le lendemain, le soleil est de retour, et je passe la frontière Croate.

Larrivée sur Zagreb me semble interminable. Il fait nuit, je suis fatigué, jai pas chaud et cela fait presque 10kms que jai passé le panneau Zagreb tout content, et je suis toujours à longer ce foutu chemin de fer…mais quand est-ce que ca va finir ???

Ouf, voilà le centre, je suis mort, et après un bon repas, pas le courage de chercher un sauveur, je trouve lendroit idéal où planter ma tente, dans la cour dun immeuble tout neuf et pas encore habité, à deux pas du centre. 20h30, je sombre.

Jai beaucoup aimé ma visite matinale de Zagreb, avec ses rues piétonnes, ses chanteurs tziganes, son marché, et son joli point de vue tout en haut.


C’est ici que je goûte enfin le kaki, un fruit doux et sucré qui se mange comme une pomme.

Début daprès midi, je remonte sur le vélo, et cest parti pour le défi, The run to Belgrade, qui consiste à rejoindre Belgrade en 3 jours, pour y retrouver ma tante Liliana avant quelle ne soit partie.

Je passe pour cette étape par une petite route de campagne magnifique, la vraie campagne, avec des poules, des canards, des dindons, des cochons et tout…

Cest tres beau, et je suis bien content de ce petit crochet campagnard, car je naime pas du tout la route croate qui mattend pour les jours suivants. Ce nest pas beau. Finies les étendues naturelles slovènes majestueuses, place à cette route bordée de villages moches non-stop et de champs tout plats sans charmes.

Mais si je naime pas la route, je retiendrai les soirées, qui me permettront de rencontrer tout dabord Ivica, à Dubravcak Lijevi.

Comme la plupart de ses copains, fermiers, mécanos, camionneurs, bûcherons, ou bien sans travail, il y passe ses soirées à boire et fumer, histoire doublier comme il peut unesituation misérable“, comme ils disent

Mais il a le cœur sur la main. Il m’invite chez lui et partage avec moi son précieux repas.

<!–[if !supportEmptyParas]–> <!–[endif]–>

Le lendemain soir, cest chez Ivan que je passe la nuit, à Okucani. Lorsque je lui montre les photos de ma famille, il verse des larmes. Moment fort. Je ne saurai jamais exactement pourquoi.

Ces jours-ci, la communication avec les gens des petits village nest pas toujours facile, on nest pas dans le même isoglosse. Alors prend place le langage des signes, et les meilleurs moyens déchange restent les cartes et les photos. Souvent, on a du mal à se comprendre. Mais des choses passent…

Il me reste 2 jours et 300 kilomètres pour rejoindre Belgrade. Je veux y arriver !

Réveil tôt, et après les adieux avec Ivan, je continue ma route vers lest. Tous les jours, cest une course avec le soleil, qui se couche trop tôt. Je déteste rouler de nuit : cest de la télétransportation, cest du paysage que je ne verrai pas, cest comme prendre lavion.

Mais , il faut bien…la nuit est tombée, et je suis bien sur mon vélo, à Vinkovci, décidé à continuer, histoire de gratter encore quelques kilomètres sur ma dernière grosse étape de demain. Je cherche ma route.

Parking de supermarché. « Excuse me, what is the direction of Stari Jankovci please ? »

« Oh, sorry, I dont speak English, but I can speak French… »

Je suis tombé sur Alojz, sûrement le seul Croate parlant parfaitement le français dans les 1000kms à la ronde !!!

Bonne étoile. Il minvite chez lui où un accueil fabuleux mest réservé, en compagnie de Brigita, sa femme, Nanci, sa fille, et Janja, sa belle-mère.

Le lendemain matin, jai même droit à un petit sac contenant des sandwichs pour midi, et…une gourde de café et une tablette de chocolat, qui me seront d’un secours inouï…merci !

Je pensais bien que jarriverais ce soir à Belgrade sans trop de soucis…mais cétait sans compter sur le kosava! Allant plein est, je suis pile face à ce satané vent qui mempêche complètement davancer…

Je ne passe la frontière avec la Serbie quà 12h30…et je nai fait que 40kms !!! Mais comment je vais faire ?? Je lutte, en essayant de ne pas trop me poser de questions, en essayant de ne pas trop maudire ce vent, je bénis mon café et mon chocolat, et en fin daprès midi, le vent se calme enfin un peu, je recommence à avoir une vitesse plus ou moins normale.

Je retrouve Liliana et son papa Bosko vers 21h30, heureux.

Ils me reservent un accueil princier, autour d’un repas composé de specialités locales, dont un délicieux porc à la broche, un fromage nommé kajmac (prononcer kaymak), une purée de poivrons divine, l’ajvar, sans oublier de nombreuses pâtisseries en dessert!

Le lendemain, visite du centre de Belgrade avec Ljilja et Kristina, les nièces de Liliana. On passe par la citadelle Kalemegdan, l’incroyable Temple orthodoxe St Sava, la rue piétonne Knez Mihailova, le grand lac Savsko, Ada Ciganlija

A Belgrade, j’ai été marqué par certains bâtiments bombardés et restés en l’état. Cela met face à la realité d’évènements passés mais tellement proches…

Et aujourd’hui, c’était la première révision du vélo, contrôle des 2500kms !

Tous deux biens remis d’aplomb, nous sommes maintenant prêts à reprendre la route…

Dovidjenja !


About this entry