03 novembre 2008 - Coucou de Grenoble
Je vous avais donc laissés à Pithiviers, d’où j’ai démarré ma première étape tout seul.
Petite étape qui me mène à Bouzy-la-Forêt, où je décide que je vais passer la nuit. Mon plan d’action, c’est de demander aux gens si je peux planter ma tente dans leur jardin. Petites hésitations, puis je me lance, il le faut bien. Si je commence à faire mon timide maintenant, c’est mal barré…
-«Bonjour, je cherche un endroit où dormir, je me demandais si… »
-«Euh, non, nous partons demain matin, par contre, il y a un monastère juste à côté, allez voir. »
Direction le monastère de Bouzy-la-forêt, et Sœur Gertrude m’y accueille pour la nuit, m’offrant diner et petit déjeuner. C’est donc elle ma première « sauveuse » du voyage.
Je me demandais, finalement, quel était le rôle des sœurs. Elles passent leurs journées à prier, mais pourquoi ? pour qui ? A cette question, Sœur Gertrude m’a répondu qu’elles priaient notamment pour les gens qui leurs envoyaient des intentions de prières, dont beaucoup de malades. Si vous avez un souci, vous pouvez donc leur envoyer des intentions…mais soyez patients, sous le nombre de demandes, il parait que le délai est fort long !
Lendemain matin, direction Bourges. Première étape quelque peu humide, et mes vêtements de pluie font leurs preuves, ils remplissent avec succès leur test d’intégration officielle parmi mes affaires de voyage. Quel bonheur de rouler sous la pluie sans être mouillé ! je n’avais jamais eu la chance d’essayer un pantalon kway a vélo…il y a des bonheurs simples dans la vie !
L’arrivée sur la ville est somptueuse, avec l’imposante cathédrale qui domine le vieux centre.
Et c’est ce soir que ce qui restait jusqu’à maintenant un grand point d’interrogation se concrétise : Je retrouve Tony, qui va m’accompagner pour un petit bout de voyage. Après un bon repas chez un Viet qui ne revient pas de notre projet, on décide de planter la tente dans un parc pas loin du centre. Après tout, pendant le festival du Printemps de Bourges, ce même endroit est envahi par les campeurs, alors même si là on est seuls, pourquoi pas en automne…
Tony m’a impressionné, il a pensé à tout, même un duvet et un tapis de sol, chapeau !
C’est le lendemain que je fais un vrai apprentissage : la France n’est pas plate. On arrive en Auvergne, avec de très beaux paysages, vallonés et assez sauvages. Au début, on peste avec toutes ces côtes. Mais il faut les accepter. Je fais déjà tourner dans ma tête la phrase d’André Brugiroux : « Savoir accepter son sort est l’une des conditions du bonheur ». A commencer par le relief et la météo…
D’ailleurs, avec cette semaine de recul, je m’aperçois que finalement, j’aime bien les côtes. Il suffit d’y aller à son rythme. Et elles ont un avantage énorme : on n’y a pas froid en pédalant.
Arrivée à Theuneuille, petit village typique je pense, avec ses petits vieux…et son bar. Ce soir, on n’a aucune envie de planter la tente il fait trop froid. On commence donc par aller se réchauffer avec un, non deux bons chocolats chauds.
Sans endroit où crécher, on y reste assez tard, à jouer au billard français avec Marcel et Lulu.
Et puis à la fin, Annie, la tenante, nous propose de nous héberger chez elle…merci Annie !
En France, il y a Paris, bien sur, mais aussi (et surtout…)
Des champs…
Des vaches…
Des forêts…
Des petits villages…
Et des bons Français…
La journée suivante nous mène à Vichy, où nous rencontrons Christophe, au kebab, qui nous invite chez lui à passer la nuit. Il nous a vraiment fait nous sentir chez lui comme chez nous, il nous a ouvert sa porte sans nous connaitre, simplement par confiance. Quoi qu’on en dise, il y a encore des gens géniaux en France, qui savent s’ouvrir, juste comme ca, et cela fait chaud au cœur.
Le lendemain, c’est Stéphane et sa femme, les tenants du kebab de St Germain Laval qui nous invitent. Nous avons une bonne étoile au dessus des kebabs !
D’ailleurs, leur histoire peut donner de l’espoir à beaucoup de gens. Ruinés à 40 ans, au chômage depuis plusieurs années, ils sont reparti de zéro, et avec cette idée de resto – ouvert depuis une semaine seulement et qui semble déjà cartonner - (ils n’avaient jamais fait de restauration avant) ils redonnent à la fois vie à tous leurs projets, mais aussi au village.
Le lendemain est une journée qui restera dans les annales…
Objectif Vienne.
Départ sous le soleil…Nous avançons donc jusqu’à midi environ. Heure à laquelle Tony a trop mal au genou pour pouvoir continuer. Plan d’action : je continue a vélo, lui en stop, et on se retrouve à 19h devant l’Hôtel de Ville de Vienne, le premier arrivé gagne.
Sauf que midi, c’est aussi l’heure à laquelle la pluie a choisi d’arriver…
J’ai été mouillé jusqu’aux os. Mais sur mon vélo, j’étais heureux…Je riais de ma situation : à pédaler dans des côtes interminables et en plein dans le nuage noir sous des seaux d’eau, alors que je pourrais être bien au chaud chez moi ou au boulot. Réflexion du jour : même si le confort matériel peut y participer, il n’est pas une condition indispensable au bonheur.
De son côté, Tony est parvenu à ses fins et on se retrouve vers 22h à Vienne.
Reste la question de l’hébergement pour la nuit. Rien ni personne pour nous aider, mais on trouve finalement la solution…qui restera je pense une grande rigolade pour le reste de notre vie…
Après une étape à la Côte St André, nous arrivons finalement à Grenoble chez ma cousine Valérie d’où je vous écris, où je retrouve Nicolas et Nathan mon petit filleul.
Allez, à très bientôt…
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- Published:
- 11.03.08 / 5pm
- Category:
- NEWS











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